Plan du site de Rochetaillée
Voie de Rochetaillée
Saignée dans la chaussée
Bénévoles au travail
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De Grenoble à Briançon, de France en Italie ! |
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De tout temps, l’Oisans fut une voie de passage vers l’Italie. Après avoir conquis ce massif, les Romains ne firent pas exception et ils traversèrent ses montagnes et ses cols. Sur le monument de La Turbie, se déroulait la longue liste des peuples vaincus par les Romains. Parmi ces 45 tribus, entre les Medulli et les Caturiges, on retrouve les Ucenni, notre peuple d’Oisans.
Quelques vestiges attestent de ce passage, venant compléter quelques témoignages écrits ; deux documents antiques fournissent un tableau d’ensemble du réseau routier romain : La Table de Peutinger et l’Itinéraire d’Antonin.
La Table de Peutinger est la copie d’une carte antique, conservée à Vienne en Autriche. Cette table figure les itinéraires selon des lignes brisées dont les angles sont des stations. Un des fragments signale le parcours entre Vienne (Vigenna) et Briançon (Stabatio). Les stations indiquées sont : Fines, quasi certainement située à l’Ouest de Livet, près de la Salinière. Catorissium pourrait être placée près de Bourg d’Oisans, c’est dans ces parages que l’on a retrouvé des vestiges à Rochetaillée. Mellosedum, certainement la station dont la localisation est la plus controversée : certains la situent à Auris, d’autres à Mizoën, ou à Mont de Lans. La présence de la porte de Bons devrait faire plutôt pencher les hypothèses pour cette dernière commune. Duronticum, entre La Grave et Villar d’Arène. Il est à noter que cette voie suivait à quelque chose près le tracé de la route actuelle, et que les stations mentionnées ne sont pas des villages existant encore, mais des endroits proches de certains d’entre eux.
Rochetaillée : Le nom de cet endroit est très significatif, ici le rocher est entaillé par la voie. Ce passage, longeant la falaise sur la rive gauche de la Romanche présente un tracé que l’on peut suivre sur environ 500 mètres. C’est un passage, taillé en corniche, surplombant d’environ 4 mètres le niveau actuel du terrain, cette situation s’expliquant par la présence, à l’époque, des eaux marécageuses du lac Saint Laurent. À certains endroits, la roche forme une arche au-dessus de la voie, la largeur de ce passage est irrégulière : de 80 cm à 2 m20. À intervalles réguliers, la falaise est creusée de 9 encoches de 17 à 15 cm, ayant pu servir à ancrer des poutres.
Ces aménagements permettent de penser que ce passage était complété par un assemblage de bois ressemblant à une passerelle surplombant les eaux.
La Porte de Bons est située au-dessous de ce hameau, sur la commune de Mont de Lans. Ce vestige, une demi-arche taillée dans le roc, d’une ouverture de 3 mètres et d’une flèche de 1 mètre domine les gorges de la Romanche. Le sol de ce monument d’une largeur de 2 m 50, est composé d’une roche très lisse, gravée de deux profondes rainures.
Ces « rails » se retrouvant en d’autres endroits du parcours. De chaque côté, une banquette, elle aussi taillée dans la masse, servait vraisemblablement à aider les cavaliers à remonter en selle, comme cela se pratiquait au long de nombreuses routes romaines. Une élégante corniche souligne la naissance de l’arc, et, sur la roche en aval, on peut nettement distinguer les traces des outils utilisés pour le percement de ce monument.
La présence d’un tel ouvrage, en pleine nature, pose de nombreuses questions. Les personnes qui l’ont creusée ici ont certainement voulu signifier quelque chose, l’hypothèse avancée est que cette porte marquait l’emplacement de la moitié du parcours entre Grenoble et Briançon. Elle pouvait également servir de poste de péage. Au début du 19e siècle, Héricart de Thury signale deux portes sous Bons, la seconde, placée plus bas se serait effondrée très tôt. Florian Vallentin affirme avoir vu les vestiges de cette seconde porte, à 50 mètres en aval de celle qui reste. Le cadastre Lentillon nomme ce lieu « Les Portes », et non pas la Porte. F Vallentin signale également à Mont de Lans : « la présence d’un banc de rochers, taillé de main d’homme, et attestant le passage de la voie Romaine en ce lieu ».
Laurence Frasca
Le passage des Alpes par Hannibal a passionné de nombreuses générations d'historiens, il pourrait bien en être de même pour les mystères de la voie romaine de l'Oisans ; car il ne fait pas de doute que la route actuelle emprunte certaines sections du chemin antique.
Bien que le regretté Paul-Louis Rousset attribue la construction de la porte de Bons à François 1er, la majorité des spécialistes s'accorde pour dire qu'elle date de l'époque romaine. Une autre preuve, plus discutable, certes, à Rochetaillée, renforce l'existence d'une voie romaine dans la vallée de la Romanche. Certains soutiennent que d'autres vestiges existent : Montchaboud, Séchilienne.
Quoiqu'il en soit, la porte de Bons, que beaucoup n'ont jamais vue, reste un monument précieux d'architecture romaine remarquable et incontournable pour qui veut étudier la voie romaine de l'Oisans. Comme l'écrit le docteur J.H. Roussillon dans le "Guide du voyageur en Oisans (1854) : " Ce monument consiste dans une espèce de porte triomphale percée et taillée dans le roc et dont le seuil porte l'empreinte irrécusable de sa destination. Sur le rocher qui lui sert de base, on remarque deux rainures parallèles, profondes de 7 à 8 cm, distantes entre elles de 1,38 m et qu'il est facile de reconnaître pour des ornières de chars, creusées probablement pour affermir leur passage au-dessus de ces précipices." On n'est pas en mesure de lui attribuer un but précis, bien que certains y voient une construction élevée en mémoire d'une victoire remportée sur les Allobroges, d'autres, plus inspirés, de deux peuplades, celle des Ucenni et celle des Vénètes qui se partageaient ainsi la vallée de la Romanche.
Quant au chemin de Rochetaillée, peut-on en situer la construction à l'époque romaine ou doit-on opter pour une période plus tardive, "le chemin après le déluge", c'est à dire vers 1219 ? La question reste en suspens bien que l'on retrouve là une configuration identique à celle du Néron ou celle de la porte de Donnaz en Val d'Aoste.
Connaît-on d'autres vestiges de cette fameuse voie antique dans la vallée ou sur les versants de la Romanche ? On peut se poser la question...
Raymond Joffre
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Tu
sais le mot, le pâtre sait la
chose. | |
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Les souvenirs laissés par les armées et la civilisation Romaines perdurent dans le monde, de Saint-Pétersbourg (les "Czars" ou "Césars") à Washington ("Le Capitole"). Pourquoi pas chez nous ? La louve n'a pas allaité seulement Romulus et Remus. Nous nous reconnaissons aussi comme ses enfants, flairant les traces laissées par leur mère…
Les Italiens, ses premiers fils, ont une formule "Gratta, gratta, dove non sono stati i Romani ?". Où ne trouve–t-on pas de Romains ? La preuve… Ils sont passés par ici.
M.M.
Fragment de la table
de Peutinger
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