Certains Grenoblois, comblés par la proximité de massifs plus lisibles et plus aimables, disent que l'Oisans est une forteresse obscure et peu attrayante. Certains touristes, accros aux pentes neigeuses, croient se trouver "en Savoie".
Qu'est-ce que l'Oisans ?
La page-titre montre que nous avons choisi comme emblème "La Meije". Avec une certaine arrogance, nous sommes allés droit au point le plus haut, au sommet le plus spectaculaire.
Choisir est toujours injuste, car l'Oisans, massif montagneux, est plein de sommets et chacun des adhérents de l'Association pourrait revendiquer le sien : pourquoi pas la Muzelle, l'Étendard, Le Grand Renaud, Le Taillefer, la Grande Lance d'Allemont, le Pic Bayle ou plus modestement Pied-Moutet ?
Des sommets prestigieux bordent l'Oisans, mais beaucoup d'entre eux ne font que prêter l'un de leurs flancs à ce massif : la Barre des Écrins, le Pelvoux, le Grand Pic de Belledonne…
Disons que nous avons choisi le seul sommet de plus de 3 500 m d'altitude, entièrement situé à l'intérieur de l'Oisans.
Celui-ci peut se définir par ses montagnes. Il s'agit bien d'une forteresse hérissée de remparts.
L'Oisans peut se définir également à partir de ses cours d'eau. C'est ce que prônent les Offices de tourisme : "L'Oisans aux Six Vallées".
La forteresse est abondamment irriguée. Un cours principal, La Romanche, depuis sa source, près du Lautaret jusqu'aux limites aval de la commune de Livet et Gavet. Cinq affluents principaux, : Le Ferrand, Le Vénéon, La Sarenne, La Lignarre, L'Eau d'Olle.
Chacune de ces vallées est fière de son individualité. D'un bord à l'autre, on se jalouse, au mieux, on s'ignore. Heureusement qu'il y a les marchés du Bourg d'Oisans, où, depuis toujours, on maquignonne troupeaux et épousées !

Naissance de la Romanche |
L'antique marché du Bourg |
Six vallées dissemblables : en effet, trois d'entre elles ont eu, et ont encore, une vocation de passage. Le cours de la Romanche, d'une part, le long duquel (avec quelques variantes de trajet), au cours des siècles, s'est déroulé "Le Grand Chemin", puis "La Route Royale", devenue "Route Impériale", puis "Route Nationale 91". D'ouest en est, du Bourg d'Oisans au col du Lautaret, de Grenoble à Briançon, en fait de Lyon à Turin, de France en Italie, le Grand Chemin, semé de relais et d'hospices, a vu défiler depuis toujours pèlerins et administrateurs, hommes d'armes et négociants…
Un deuxième axe nord-sud, plus modeste mais quand même essentiel, recoupe ce "Grand Chemin". Il descend du Col du Glandon le long de l'Eau d'Olle, traverse la Romanche et remonte la vallée de la Lignarre jusqu'au col d'Ornon. Traditionnellement, il était appelé "Le Chemin de Saint-Jean de Maurienne à Clelles" et reliait sans trop de peine la Savoie aux portes de la Provence.
Les autres vallées n'étaient pas en reste : la Sarenne et Le Ferrand s'ouvraient volontiers à la Savoie, le Vénéon communiquait avec la Vallouise…
La forteresse est ouverte à tous les vents...